On compte à l'heure actuelle pas moins de 10 000 Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées (EHPA) en France qui proposent une multitude de services aux futurs résidents selon leur besoin. Les offres sont aussi variables que multiples allant des prestations les plus basiques à celles des plus luxueuses comme la mise à disposition de salons d’esthétiques, de balnéothérapies ou de pédicure. Bien évidemment, au-delà de l’aspect financier qui reste prédominant dans le choix de ces services, il faut avant tout évaluer l’autonomie du futur résident avant de prendre une décision définitive.
Elaborée dans l’intérêt des futurs pensionnaires des maisons de retraite, la méthode AGGIR permet d’identifier exactement de quelle APA (Aide Personnalisée à l’Autonomie) ceux-ci ont réellement besoin une fois placé en résidence. Dans cette estimation, le rôle du médecin est prépondérant car lui seul pourra mettre à l’épreuve de façon adéquate les 17 variables composant la grille AGGIR sur le futur résident. A titre d’information, il faut savoir que parmi les 17 variables de la grille AGGIR, 10 pourront être qualifiées de « variables discriminantes » permettent de juger de façon précise l’autonomie physique et psychologique des personnes âgées en évaluant entre autres leur cohérence, leur orientation, leur aptitude à s’alimenter, à se déplacer ou encore à communiquer. Il s'agit ici de voir quel est le niveau d'autonomie de l'individu. Quant aux sept autres variables qualifiées de variables « illustratives », elles permettent au médecin d’évaluer au mieux la perte d’autonomie domestique et sociale des patients. Ces variables ont pour but de cibler précisément les programmes d’aide qui devront être dispensés aux futurs résidents. Il s'agit ici d'adapter les activités selon les capacités de chaque individu afin de garder le plus longtemps possible ces capacités.
Une fois les besoins du futur résident évalués grâce à la grille AGGIR, le médecin pourra enfin le classer selon son degré d’autonomie au sein d’un des six groupes de patients prévus par la méthode. Ainsi, si le patient est classé GIR1, alors le plan d’aide qui devra lui être consacré atteindra le degré le plus élevé puisque ce genre de résident se définit comme étant une personne âgée qui a totalement perdu toute forme d’autonomie et que ne peut plus vivre sans assistance permanente. Les groupes suivants que sont le GIR2, le GIR3, le GIR4, le GIR5 et le GIR6, quant à eux, définissent des patients qui possèdent de façon crescendo des facultés d’autonomie allant respectivement de la maîtrise de certaines capacités psychiques sans faculté motrice, des facultés mentales accompagnées d’une certaine autonomie motrice, des individus possédant et capacité psychique et capacité motrice mais nécessitant simplement de l’aide pour certaines activités comme l’habillage, et enfin jusqu’aux personnes sans difficulté particulières. Ces caractéristiques établies, le médecin pourra définir exactement la structure adéquate nécessaire au résident pour les accompagner de façon décente et de la manière la plus humaine possible dans leur troisième « vie ». En fait, le but premier de cette évaluation est toujours celui de permettre au personnel soignant d'adapter les soins en fonctions des besoins de l'individu. Meilleure sera l'évaluation, meilleure sera la prise en charge et la qualité de vie du senior.
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